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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 18:20

« La Grande Peur des bien-pensants », BERNANOS Georges, 1931 .

La quatrième de couverture nous dit : « J’ai juré de vous émouvoir, d’amitié ou de colère, qu’importe ? Je vous donne un livre vivant ». Bernanos nous y dresse le portrait d’Édouard Drumont, restitué en un homme par-delà un concept, restitué en son époque.

Que de noirceur ! Que de noirceur révèle ces portraits des politiciens de la IIIe République ! Qui apparaît admirable ? Les radicaux arrivistes qui vendent de la politique comme l’on vend sur un marché ? Les conservateurs qui de compromis en compromis abandonnent les combats de la veille ? Aucun d’entre eux, libéraux, modérés et progressistes presque interchangeables s’allient dans la défense du sinistre régime en place. Bienvenue cher lecteur, dans le monde du copinage, des petits arrangements et du profit ! Ce monde « fâabuleux » du contribuable, prononcerait Édouard Drumont.

« À la différence des hommes de gauche, toujours rustres, qui jettent aussitôt la main au plat, se partagent les morceaux, le conservateur pille discrètement le buffet, s’en va d’un pas solennel, sous les regards différents des serveurs, croquer son butin dans une embrasure, et il se garderait bien d’essuyer sa moustache aux rideaux. »

Se succèdent les candidats caméléons qui changent d’étiquette comme l’on change de chemise. Se succèdent les séminaristes qui ne portent aucune conviction politique suffisamment puissante pour qu’elle survive à l’épreuve des « avancées ». Même le Maréchal Mac-Mahon n’est qu’une « gribouille », incapable d’œuvrer avec ses troupes à la Restauration. Il s’empressa à l’élection de Grévy de le saluer avec une solennité risible, sous les rires dissimulés des journalistes présents.

« Si les monarchistes avaient voulu la monarchie, ils l’eussent faite, au besoin par un coup d’État. Une violence de pure forme n’eut pas dû coûter beaucoup à la conscience des vainqueurs de la Commune [ ... ]. »

Drumont, lui, fut de la génération des vaincus de Sedan, qui a enfanté une époque des plus bâtardes. Elle, la « République conservatrice », tira sur les Parisiens après leur avoir demandé tant de sacrifices. Elle, la République anticléricale, fleurie de combinaisons mathématiques et d’arrangements, prospéra grâce au désintérêt du petit peuple français, épuisé par les guerres portant sur des chicanes à ses yeux. Lui, vantait le lien entre les générations et maudissait la volonté tant convenue après la guerre de mettre le passé derrière soi. Il voulut raviver un « cadavre social »1, fut conscient de la témérité de son adversaire2. Il n’« avait » pas une idée, c’est toute une conception de la vie qui le possédait. Il a « regardé en face […] la Mort et […] l’accepte d’avance ». Un homme qui dispose de sa mort au nom de la Vérité ne peut rétro-pédaler. Dieu n’eut pas disparu en lui.

Édouard Drumont

La France Juive de Drumont – colossal ouvrage de mille deux-cents pages recensant trois-cents patronymes en index – fut alors l’expression de la lucidité tragique d’un cœur « vielle France », celui d’un homme de race. L’un des recueils les plus insolents que l’homme n’eut jamais écrit.3 Il était commencé dans toutes les têtes4, il s’acheva par cet homme aux yeux brillants derrière ses rondes lunettes. Le succès fut à la hauteur de la conséquente labeur.

La vision du monde qu’offre ce livre se confirme de même que les années passent. La vanité des modernes, du monde parlementaire, prit un revers fracassant avec l’incroyable affaire de Panama, où se gaspillaient lamentablement les crédits et les hommes, alors que la Nature prenait sa revanche. Et si la Guerre était la conclusion adéquate à un monde coupé du passé, un monde du mensonges ? C’est tout ce monde de l’Argent qu’haïssait Drumont, dont le Juif était l’incarnation. Même l’Église devint contaminée5. Il fut tout aussi critique du tribalisme concernant l’infâme Décret Crémieux.

Maurras reprocha notamment au rédacteur de La France Juive, contributeur de La Libre Parole, et chef de la Ligue nationale antisémitique de France de ne pas apporter la conclusion nécessaire à ses pensées politiques6. Il est vrai : si l’idée de retour à la monarchie sous-tend l’œuvre, le journaliste Drumont propose à son lecteur le récit de la réalité et lui laisse le soin d’en tirer les leçons.

Le génie de Drumont, alors chenu et courbé, s’éteignit à l’occasion de l’inondation parisienne de 1910, non sans que sa plume ne vivote. Il produisit des tas de feuilles qu’il jeta humblement dans les flammes, n’appréciant pas le degré d’amertume de ses textes. Quelques unes sortirent tout de même. Il incarna toute sa vie les petits qui aspiraient à vivre de travail et de prière, parlait en leurs noms.

La Grande Peur des Bien-pensants dispose d’un immense mérite : nous permettre avec Bernanos, prenant appui sur Drumont, de contrecarrer « l’universitarisme » contemporain, affirmant que l’antisémitisme français fut le fruit d’esprits stériles et pathologiques. « Antisémite », est un terme populaire impropre que l’on opposa jadis à un autre que fut « anticlérical ». Impropre puisque les peuples arabes sont tout autant sémites ; impropre puisqu’il fait de la haine du Juif une posture intellectuelle primant sur le rejet de l’argent comme religion universelle. De plus l’antisémitisme de Drumont ne se confond pas à celui de Bernanos ou de Maurras, qui ne se confondent pas eux-mêmes à l’antisémitisme de peau d’Hitler. Ce dernier, comme le dit Bernanos, a « déshonoré l’antisémitisme » de son Vieux Maître, de même que Franco a enlaidi l’idée de Croisade et le nationalisme l’idée de patrie7. Confondre béret de ligueur et chemise brune allie l’inculture à la volonté politique. Par ailleurs, on ne saurait réduire les « antisémites » à leur antisémitisme, leurs pensées étant si riches et philosophiquement si profondes, qu’elles en deviennent intemporelles.

Cet essai, bien qu’enrichi d’une prose mystique et lyrique, est à la portée de tout féru d’histoire moderne. Il permet de voir à quel point La France Juive ne se résume pas à une basse « quenelle », il permet de découvrir plus humainement et sincèrement un mal-aimé de l’Histoire académique.

Anthony La Rocca

http://www.lebreviairedespatriotes.fr

« La Grande Peur des Bien-Pensants », de la France juive
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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 17:21
Roger Garaudy - Les Mythes fondateurs de la politique israélienne
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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 18:07

Publié par : Christopher Lings 16 mai 2014 dans http://www.lebreviairedespatriotes.fr

Dans cet extrait de son ouvrage « La crise du monde moderne », René Guénon explique en quoi l’idée de démocratie est illusoire, vide de sens, et mène à un nivellement par le bas dans lequel toute autorité supérieure est niée.

« L’argument le plus décisif contre la « démocratie » se résume en quelques mots : le supérieur ne peut émaner de l’inférieur, parce que le « plus » ne peut pas sortir du « moins » ; cela est d’une rigueur mathématique absolue, contre laquelle rien ne saurait prévaloir. Il importe de remarquer que c’est précisément le même argument qui, appliqué dans un autre ordre, vaut aussi contre le « matérialisme » ; il n’y a rien de fortuit dans cette concordance, et les deux choses sont beaucoup plus étroitement solidaires qu’il ne pourrait le sembler au premier abord. Il est trop évident que le peuple ne peut conférer un pouvoir qu’il ne possède pas lui-même ; le pouvoir véritable ne peut venir que d’en haut, et c’est pourquoi, disons-le en passant, il ne peut être légitimé que par la sanction de quelque chose de supérieur à l’ordre social, c’est-à-dire d’une autorité spirituelle; s’il en est autrement, ce n’est plus qu’une contrefaçon de pouvoir, un état de fait qui est injustifiable par défaut de principe, et où, il ne peut y avoir que désordre et confusion. Ce renversement de toute hiérarchie commence dès que le pouvoir temporel veut se rendre indépendant de l’autorité spirituelle, puis se la subordonner en prétendant la faire servir à des fins politiques ; il y a là une première usurpation qui ouvre la voie à toutes les autres, et l’on pourrait ainsi montrer que, par exemple, la royauté française, depuis le XIVe siècle, a travaillé elle-même inconsciemment à préparer la Révolution qui devait la renverser ; Peut-être aurons-nous quelque jour l’occasion de développer comme il le mériterait ce point de vue que, pour le moment, nous ne pouvons qu’indiquer d’une façon très sommaire.

Si l’on définit la « démocratie » comme le gouvernement du peuple par lui-même, c’est là une véritable impossibilité, une chose qui ne peut pas même avoir une simple existence de fait, pas plus à notre époque qu’à n’importe quelle autre ; il ne faut pas se laisser duper par les mots, et il est contradictoire d’admettre que les mêmes hommes puissent être à la fois gouvernants et gouvernés, parce que, pour employer le langage aristotélicien, un même être ne peut être « en acte » et « en puissance » en même temps et sous le même rapport. Il y a là une relation qui suppose nécessairement deux termes en présence : il ne pourrait y avoir de gouvernés s’il n’y avait aussi des gouvernants, fussent-ils illégitimes et sans autre droit au pouvoir que celui qu’ils se sont attribué eux-mêmes ; mais la grande habileté des dirigeants, dans le monde moderne, est de faire croire au peuple qu’il se gouverne lui-même ; et le peuple se laisse persuader d’autant plus volontiers qu’il en est flatté et que d’ailleurs il est incapable de réfléchir assez pour voir ce qu’il y a là d’impossible. C’est pour créer cette illusion qu’on a inventé le « suffrage universel » : c’est l’opinion de la majorité qui est supposée faire la loi ; mais ce dont on ne s’aperçoit pas, c’est que l’opinion est quelque chose que l’on peut très facilement diriger et modifier ;

(…)

Le défaut le plus visible, c’est celui-là même que nous indiquions à l’instant : l’avis de la majorité ne peut être que l’expression de l’incompétence, que celle-ci résulte d’ailleurs du manque d’intelligence ou de l’ignorance pure et simple ; on pourrait faire intervenir à ce propos certaines observations de « psychologie collective », et rappeler notamment ce fait assez connu que, dans une foule, l’ensemble des réactions mentales qui se produisent entre les individus composants aboutit à la formation d’une sorte de résultante qui est, non pas même au niveau de la moyenne, mais à celui des éléments les plus inférieurs.

(…)

Cela dit, il nous faut encore insister sur une conséquence immédiate de l’idée « démocratique », qui est la négation de l’élite entendue dans sa seule acception légitime ; ce n’est pas pour rien que « démocratie » s’oppose à « aristocratie », ce dernier mot désignant précisément, du moins lorsqu’il est pris dans son sens étymologique, le pouvoir de l’élite. Celle-ci, par définition en quelque sorte, ne peut être que le petit nombre, et son pouvoir, son autorité plutôt, qui ne vient que de sa supériorité intellectuelle, n’a rien de commun avec la force numérique sur laquelle repose la « démocratie », dont le caractère essentiel est de sacrifier la minorité à la majorité, et aussi, par là même, comme nous le disions plus haut, la qualité à la quantité, donc l’élite à la masse. Ainsi, le rôle directeur d’une véritable élite et son existence même, car elle joue forcément ce rôle dès lors qu’elle existe, sont radicalement incompatibles avec la « démocratie», qui est intimement liée à la conception « égalitaire », c’est-à-dire à la négation de toute hiérarchie : le fond même de l’idée « démocratique » c’est qu’un individu quelconque en vaut un autre, parce qu’ils sont égaux numériquement, et bien qu’ils ne puissent jamais l’être que numériquement. Une élite véritable, nous l’avons déjà dit, ne peut être qu’intellectuelle ; c’est pourquoi la « démocratie » ne peut s’instaurer que là où la pure intellectualité n’existe plus, ce qui est effectivement le cas du monde moderne. »

René Guénon, « La crise du monde moderne »

René Guénon : La démocratie, ou le nivellement par le bas
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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 18:02

Érik Sablé vous présente son ouvrage "René Guénon, le visage de l'éternité" aux éditions Points.

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 18:21
Les cahiers du Cercle Proudhon

http://www.kontrekulture.com/

Pierre De Brague est l'auteur du mémoire en préface des Cahiers du Cercle Proudhon : "Le Cercle Proudhon ou l'existence d'une révolution conservatrice française".

De 1911 à 1914, s’est tenu en France une des expériences politiques les plus intéressantes de l’Histoire des idées.

Cénacle de réflexion se revendiquant de la figure tutélaire de Pierre-Joseph Proudhon, principalement réuni autour d’Édouard Berth et de Georges Valois, respectivement sous l’égide de Georges Sorel et de Charles Maurras, le Cercle Proudhon se veut une union sacrée envers les institutions démocratiques, honnies en tant que bourgeoises, libérales, républicaines, parlementaristes et ploutocrates.

Combat de patriotes français issus de deux traditions antidémocratiques, de droite et de gauche, le Cercle Proudhon tente de concilier royalisme et syndicalisme révolutionnaire, Tradition et Révolution, nation et lutte des classes, dans un même attachement aux valeurs et aux vertus du travail, de la production, de la culture classique, de la virilité et de l’héroïsme.

Révolutionnaire contre les socialistes réformistes, et Contre-révolutionnaire vis-à-vis des modernistes républicains, le Cercle Proudhon se posait, comme en témoignent ses publications sous forme de Cahiers, en véritable alternative au libéralisme marchand, à l’exploitation du peuple et à la destruction de la nation.

Peu diffusé, en proie à ses contradictions, et détruit par l’éclatement de la Grande Guerre, la tentative du Cercle Proudhon est souvent occultée par l’histoire officielle ou présentée comme une expérimentation « préfasciste »…

L’étude de ses écrits et de ses composants nous pousse plutôt à tirer les espoirs et les limites d’une pareille expérience et d’envisager les idées et les actes de cette « révolution conservatrice française » comme un modèle et un honneur pour tous ceux qui se veulent conséquents sur le champ politique.

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 18:17

Pour Kontre Kulture, le philosophe et écrivain Alain de Benoist revient sur le socialisme français de la fin du XIXème siècle. Il explique quand se sont constitués les syndicats, quels étaient les différents courants et présente les théoriciens du socialisme Georges Sorel et Édouard Berth. Il revient également sur l’aventure du Cercle Proudhon, qui a réuni des syndicalistes révolutionnaires et des monarchistes de l’Action française.

via E&R

Entretien avec Alain de Benoist sur le socialisme français
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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 17:37
National-socialiste ? Soral répond !
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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 22:29

"Débat avec Etienne Chouard" : seconde partie de la conférence d'Etienne Chouard "Sommes-nous en démocratie" organisée par Utopia-Lorraine, le 25 janvier 2014.

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 18:43

Roger Lenglet et Jean-Luc Touly, auteurs du livre "Syndicats, corruption, dérives, trahisons", ont dénoncé mercredi sur BFMTV le fonctionnement actuel des syndicats en France.
"Dans les grands comités d'entreprises comme la SNCF, la RATP, EDF ou Air France, on constate que des centaines de millions d'euros sont attribués chaque année aux comités d'entreprises; une grande partie est dévoyée et va malheureusement dans les fédérations syndicales des secteurs d'activités concernés", explique Jean-Luc Touly.

"Ça se joue sur des milliards, renchérit Roger Lenglet, si l'on regarde toutes les sources de financement, y compris le fait de siéger dans des organismes paritaires comme le 1% logement, la Sécurité sociale, la formation professionnelle. Beaucoup d'argent part dans des poches personnelles, à travers des systèmes de fausses facturations de rétrocommissions, ou tout simplement de fausses factures".

Harcèlement moral et licenciement abusif

Les deux journalistes rappellent que l'ancien numéro un de la CGT, Bernard Thibault, avait réussi à faire embaucher son épouse et ses enfants au sein du comité central de la SNCF.

Ils citent aussi le cas du prestataire de service chargé d'organiser l'arbre de noël du comité central de la SNCF: "Il avait été obligé de payer une publicité dans le journal de la fédération CGT des cheminots pour pourvoir avoir le marché".

Les deux journalistes ont réussi à recueillir de nombreux témoignages de l'intérieur, mais non sans peine, et dénoncent à propos "un véritable système de harcèlement moral et de licenciement". Ainsi, "le contrôleur de gestion a été licencié de façon abusive", selon eux, après les avoir informés.

Syndicats, corruption, dérives, trahisons
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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 16:57

Alain Finkielkraut pour son ouvrage, « L’identité malheureuse »

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