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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 03:22
Voici l'entretien avec Jérôme Bourbon, paru dans le Rivarol du 4 novembre 2011

RIVAROL : Au lecteur familier de vos ouvrages, votre nouveau livre laisse à penser que vous avez radicalement changé de sujet. Après six livres sur le judaïsme, vous présentez maintenant une étude sur le "racisme antiblanc". Pourriez-vous en dire un peu plus pour nos lecteurs ?
 
Hervé RYSSEN : J’ai déjà largement abordé le sujet du "racisme antiblanc" dans mes livres précédents, à travers les chapitres dénonçant cette inlassable propagande “planétarienne” qui, à la télévision et au cinéma, notamment, tend à culpabiliser l’homme blanc, à lui faire baisser la tête et à lui retirer l’idée même de se défendre. Dans les films cosmopolites, le raciste, le salaud, celui qui agresse les plus faibles, qui pille la planète, qui détruit la nature, c’est toujours le Blanc ; mais nos lecteurs savent maintenant que cette propagande relève de l’inversion accusatoire, et que les véritables tyrans sont les prédateurs mondialistes qui font la pluie et le beau temps à Wall Street et à Hollywood. Dans ce nouveau livre, j’aborde le sujet d’une manière beaucoup plus “physique”, si je puis dire, en observant sur le terrain les conséquences de ce matraquage idéologique. Les immigrés du tiers-monde qui sont entrés sur notre territoire se comptent aujourd’hui par millions.
 
R. : Prétendriez-vous que les immigrés constituent la source majeure des violences et de la délinquance ?
 
H. R. : Il n’y a hélas pas de statistiques sur le sujet, et si elles existaient, elles seraient de toute manière trafiquées par les autorités et les intellectuels-escrocs. On sait simplement que les prisons sont remplies dans une très grande majorité (70 ou 80 %, peut-être plus) de délinquants et de criminels afro-maghrébins. Il faut donc surtout se fier à ce que l’on voit, à ce que l’on entend autour de nous, et à ce qu’on peut lire dans la presse régionale. On n’a alors plus du tout besoin de statistiques officielles pour se rendre compte que les violences aux personnes, les cambriolages, les braquages à main armée et la délinquance de rue ne sont pas, pour la grande majorité, le fait ni des Auvergnats ni des immigrés suédois ou écossais. Il se trouve, fort heureusement, que les coupables ont encore des noms à consonance étrangère, ce qui chagrine sans doute les responsables des ligues antiracistes, qui eux, portent tous de jolis noms français — un peu comme le “Bansard” du film "La Vérité si je mens" ! Pour ce qui concerne plus précisément les actes racistes, je soulève la question des statistiques dans mon introduction, en prenant à partie ce que je nomme la “Commission bla-bla des droits de l’homme”. Je montre que leurs chiffres sur le racisme sont complètement trafiqués et ne correspondent pas du tout à la réalité. À lire les rapports de la "Commission bla-bla", dans un siècle ou deux, on aura effectivement l’impression que la France du début du XXI e siècle était un véritable enfer pour les pauvres immigrés afro-maghrébins ! La réalité est exactement l’inverse de ce que montrent ces rapports annuels, du fait que les statisticiens humanistes n’incluent pas dans le racisme les agressions commises par des immigrés contre des Blancs. On connaît la musique : un Français qui pousse un Arabe dans l’eau, c’est un crime raciste ; mais un Arabe qui assassine un Français de douze coups de couteau, c’est un fait divers. Un graffiti sur une synagogue, une poubelle de mosquée qui brûle, ça aussi, c’est du racisme ; mais une église ou des tombes chrétiennes saccagées, ce n’est rien d’autre que du vandalisme. Les défenseurs des droits de “l’Homme” sont donc bien des intellectuels-escrocs et, à notre sens, il devrait y avoir une loi pour réprimer ce type de délinquance. On n’a pas non plus besoin de statistiques pour savoir que les Blancs sont aujourd’hui minoritaires en Ile-deFrance. Il suffit de ne pas avoir d’écailles devant les yeux pour s’en rendre compte.
 
R. : Il existe déjà des livres sérieux abordant les problèmes liés à l’immigration. En quoi votre ouvrage se distingue-t-il des autres ?

H. R. : Je ne traite pas du poids économique, ni des problèmes sociaux liés à l’immigration. D’autre part, les chiffres et les statistiques ne sont pas du tout l’objet de mon étude. Tout cela a déjà été dit, redit et répété. Je suis pour ma part davantage intéressé par la nature humaine, et une fois encore, j’ai eu l’occasion d’observer ce que l’on peut appeler des anomalies. Le fait est qu’il existe chez beaucoup de Maghrébins une agressivité toute particulière. J’ai laissé de côté tous les petits faits divers. Les agressions, les vols et les violences commis contre les Blancs sont innombrables, et il aurait été fastidieux de répertorier systématiquement tous ces incidents. Je n’ai donc conservé que les cas les plus graves : les viols, les meurtres et les assassinats (meurtres prémédités), qui relèvent de la cour d’assises du département. Et je puis vous dire que c’est déjà suffisant ! Naturellement, tous les Maghrébins ne sont pas comme ceux que j’ai pu épingler, mais les nombreux cas traités montrent qu’il existe chez beaucoup d’entre eux une tendance assez lourde. Le résultat, c’est un peu du “fdesouche.com”, mais en ultra-condensé !
 
R. : Quelle a été votre méthode de travail ? Comment avez-vous réuni vos informations ?
 
H. R. : Internet a été un outil précieux pour consulter les articles de presse. Le problème est que dans chaque affaire, et surtout pour les plus importantes, les articles sont nombreux et les informations se répètent ou s’empilent dans le désordre au fur et à mesure que l’enquête progresse. J’ai donc lu systématiquement, à chaque fois, tous les articles disponibles et les ai résumés de manière à ce que ce soit aisément lisible, en prenant bien soin de conserver tous les petits détails, et tout ce qui, en général, pouvait donner du relief aux personnages. Les témoignages, lors des procès en cour d’assise, permettent toujours de mieux cerner la personnalité du violeur ou du meurtrier. On se rend compte ici qu’Omar Raddad, qui vient de faire l’objet d’un film, vingt ans après les faits, n’est pas le seul à être innocent. Les prisons sont pleines de petits innocents ! Ce qui est terrible, c’est de constater que ni SOS- Racisme ni la Ligue des droits de l’“Homme” ne bougent le petit doigt pour tenter de les en sortir !
 
R. : Beaucoup de musulmans ont apprécié vos livres sur le judaïsme. Ne craignez-vous pas de vous fâcher avec une partie de votre public ?
 
H. R. : Notre livre sur la "Mafia juive" a effectivement connu un certain succès auprès du public maghrébin, d’après ce que nous en savons. Mais nous n’avons jamais laissé entendre, en aucune manière, et dans aucun de nos livres, que nous étions favorable à la société multiculturelle. Au contraire, nous avons toujours dénoncé, depuis le début, la propagande cosmopolite en faveur de l’immigration et du métissage. Nous avons aussi dénoncé la propagande anti-musulmane sortie des studios d’Hollywood, qui est une des nombreuses facettes de la politique judéo-sioniste en Occident. Mais cette fois-ci, nous étudions la criminalité étrangère sur notre sol.
 
R. : Votre antisionisme ne vous a donc pas mené, comme d’autres, à une fascination pour l’islam ? On sait que quelques-uns se sont convertis…
 
H. R. : J’ai déjà dit que je n’étais pas “antisioniste”, en ce sens ou les problèmes liés à la création de l’État d’Israël me concernent moins que la défense des Français et des Blancs en général. En revanche, je suis radicalement opposé au projet politique d’unification mondiale porté par le judaïsme de la diaspora. J’ai répertorié des kilomètres de citations sur ce sujet… Je ne suis pas pour autant un islamolâtre. Que les musulmans gèrent leur pays comme ils l’entendent ; peu me chaut. S’ils ont envie de mettre des sacs à patates sur le visage et le corps de leurs femmes, c’est leur problème. Dans le bras de fer entre l’Iran et les mondialistes, je suis évidemment totalement du côté de l’Iran, mais en France et en Europe, je pense que l’islam n’a pas sa place. Quant à ceux qui se sont convertis à cette religion, mon avis est qu’il ont commis une lourde erreur et pour le coup, on peut se sentir parfois envahi par l’esprit des hommes du XVIe siècle !
 
R. : Que répondez-vous à ceux qui vous considèrent comme un “raciste” ?

H. R. : J’ai déjà expliqué, en long, en large et en travers, que le judaïsme était essentiellement un projet politique et un état d’esprit, mais que la judéité pouvait très bien se perdre et se dissoudre chez les individus. Je ne suis donc pas “raciste” à ce niveau-là. J’ai aussi quelques contacts avec des Maghrébins qui eux aussi, individuellement, peuvent être fort sympathiques. Mais je préfère me déclarer “raciste”, ne serait-ce que par esprit non-conformiste. Je vais vous dire — en parodiant Léon Daudet : je suis tellement raciste, que parfois, j’en perds le souffle !
 
 
Propos recueillis par Jérôme BOURBON.

Le Racisme antiblanc

 



Chaque année, en France, des immigrés se rendent coupables de milliers d’agressions physiques, de centaines de viols et de dizaines de meurtres contre des femmes blanches et des hommes blancs, sans que les hommes politiques qui nous dirigent n’élèvent la moindre protestation.
Dans les médias, ces affaires ne sont jamais traitées comme des crimes racistes, mais comme de simples faits divers. Il est en effet entendu que le racisme ne peut être que le fait d’un Blanc, et que la victime du racisme ne peut être qu’un pauvre immigré du tiers-monde, un “homme de couleur”.
Comme dans les films produits à Hollywood, le raciste, le salaud, celui qui agresse les plus faibles, qui pille la planète et qui détruit la nature, c’est toujours le Blanc, qui est le bouc émissaire des véritables prédateurs que sont les mondialistes, les maîtres de la finance et des médias. Ceux-ci travaillent sans relâche, de toutes leurs forces, à instaurer la société multiculturelle et le gouvernement mondial. Leur objectif est clair : ils veulent détruire la race blanche.
Depuis des décennies, leur propagande culpabilisatrice tourne à plein régime. À la radio, dans la presse, au cinéma et sur toutes les chaînes de télévision, c’est toujours le même discours humaniste, égalitaire et moralisateur qui revient, sept jours sur sept et tout au long de l’année. Au nom de l’égalité et de la tolérance, on demande ainsi au “petit Blanc” d’accepter l’arrivée des immigrés du tiers-monde, toujours plus nombreux, sous peine d’être désigné comme “raciste”. Il faut ouvrir son esprit, ouvrir son cœur, ouvrir… tout !
Après quelques décennies de ce matraquage idéologique estampillé aux “droits de l’homme”, le résultat est aujourd’hui bien visible pour tous : en Ile-de-France, les Blancs sont aujourd’hui minoritaires. Et au fur et à mesure que leur nombre grandit, les étrangers commettent sur les Blancs des violences et des crimes toujours plus nombreux. Voilà la vérité.
Le Racisme antiblanc, 320 pages, 20 € (ajoutez 2 € de port, pour la France et l'étranger, et 8 € pour les Dom-Tom).
 
 
 
Nous serons présent à la journée organisée par Synthèse nationale le 11 novembre pour dédicacer nos livres (de 11 h à 18 h). Forum de Grenelle, 5 rue de la Croix Nivert, 75015 Paris, Métro Cambronne.
 
 
 
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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 05:11

Henry FORD, fondateur d'un modèle économique heureux (VIDEO)

 

 

 

Le juif internationalDès sa parution en 1920, le livre de Henry Ford fut l'objet des plus vives attaques de la part du lobby juif, dont il dénonce les agissements destructeurs.


La notoriété de Ford, due à son ingéniosité et à la réussite de son modèle économique qui propulsa l'industrie automobile américaine au premier plan mondial, fit de lui une des cibles prioritaires à abattre pour les financiers cosmopolites, qui le harcelèrent jusqu'à l'obliger à faire acte de repentance pour sauver son industrie de la ruine et ses ouvriers du chômage.

La lecture de ce livre est une véritable révélation pour comprendre pourquoi les nations sont constamment en proie aux guerres et aux crises, il démantèle les manigances du lobby juif, non seulement aux Etats-Unis, mais partout dans le monde ou il y a quelque chose à piller et à exploiter.
 
Plus que jamais d'actualité, ce livre, qui ne fut jamais traduit en français jusqu'à aujourd'hui, est désormais disponible aux Editions de Cassandra de René-Louis Berclaz.

Biographie de l'auteur
Extrait en partie de Wikipedia.

Henry Ford (30 juillet 1863 à Dearborn, Michigan, États-Unis - 7 avril 1947, Dearborn) est un industriel de la première moitié du XXe siècle et le fondateur du constructeur automobile Ford.

Son nom est notamment attaché au fordisme, une méthode industrielle alliant un mode de production en série basé sur le principe de ligne d’assemblage et un modèle économique ayant recourt à des salaires élevés.

La mise en place de cette méthode au début des années 1910 révolutionna l'industrie automobile américaine en produisant plus de 15 millions d’exemplaire la Ford T.

Henry Ford Ford a une vision globale de son action : il voit dans la consommation la clé de la paix. Son important engagement à réduire les coûts aboutit à de nombreuses innovations techniques mais également commerciales ; il met ainsi en place tout un système de franchises qui installe une concession dans toutes les villes en Amérique du Nord et dans les grandes villes des six continents.

 Il mit en garde un monde contamment en proie aux guerres et aux crises : « Libérez vous des cinquante plus riches financiers juifs, ces hommes qui provoquent les guerres pour leur propre profit. Contrôlez les, et vous mettrez fin à tout cela. "

En 1938, L'Allemagne florissante, sortie de la crise grâce à des preceptes similaires, l'honora de la Grand-Croix de l'Aigle.


Son livre, "Le Juif International, le Problème du Monde" fut traduit dans de nombreux pays, mais jamais en France jusqu'à aujourd'hui, vous devinerez pourquoi en découvrant la table des matières.

Traductions du juif international de Henry Ford


TABLE DES MATIERES DU JUIF INTERNATIONAL

Introduction
1. Histoire des Juifs aux Etats-Unis
2. Aspects de l’influence juive
3. Victimes ou persécuteurs ?
4. Les Juifs constituent-ils une nation ?
5. Le programme politique des Juifs
6. Introduction aux Protocoles des Sages de Sion
7. Comment les Juifs usent-ils de leur pouvoir ?
8. L’influence juive dans la politique américaine
9. Bolchevisme et sionisme
10. Suprématie juive dans le théâtre et le cinéma
11. Le jazz juif devient notre musique nationale
12. L’alcool, le jeu, le vice et la corruption
13. Le problème le plus lancinant de ce monde
14. Les hauts et les bas de la puissance financière juive
15. La bataille pour le contrôle de la presse
16. L’Etat panjuif

Annexe : Un milliardaire anticapitaliste : Henry Ford

http://www.propagandes.info/

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 06:39


 

 
Présentation du livre

 

Présentation de l’éditeur :

 

En France, plus que jamais, le passé s’invite dans le débat d’idées, mais sur le mode polémique.

Qu’il s’agisse de définir l’identité nationale ou de s’interroger sur la place de la religion dans l’espace public, que la controverse porte sur l’héritage de l’Occupation ou sur les séquelles de la décolonisation, qu’il soit question de la réforme des programmes d’histoire à l’école ou de la création d’une Maison de l’histoire de France, tout est matière à division. Mais la discussion est biaisée au départ, car les préjugés idéologiques, les tabous du moment et les intérêts partisans interfèrent dans le débat.

En dix chapitres, en voici autant de grands exemples. Quelle a été vraiment la part des Arabes dans la transmission du savoir antique au Moyen Âge ? L’Église a-t-elle fait obstacle à la science ? À qui a profité la colonisation ? La Première et la Deuxième Guerre mondiale ont-elles été menées au nom des droits de l’homme ? Quel rôle l’immigration a-telle joué dans la construction de la France ? Quelle est la place de l’islam dans notre histoire nationale ?

Avec la même liberté de ton et la sûreté d’information qui avaient contribué à l’exceptionnel succès éditorial d’Historiquement correct, dont ce nouveau livre constitue le prolongement, Jean Sévillia sort ici des chemins balisés par le politiquement correct.

 

Editions

Fayard, 2011

 

 

 

 

http://jeansevillia.com/

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 04:54
Cahiers du Cercle Proudhon

En 1912-1913, les Cahiers du Cercle Proudhon créés par des militants venant du nationalisme et du syndicalisme – et se revendiquant à la fois de Sorel, de Proudhon et d’un Maurras qui n’avait pas encore rejoint les rangs de la réaction -, furent un exemple type du nationalisme-révolutionnaire du début du siècle.

Bien que leur diffusion soit faible [200 abonnés, 600 exemplaires imprimés] leur influence fut très importante. Malgré les années, ces Cahiers restent un point de référence, ainsi que la totalité de l’oeuvre de Georges Valois, pour de nombreux militants.

 

http://www.avatareditions.com

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 19:13
Vincent Barros - www.Marianne.fr | Mardi 25 Octobre 2011


Philosophe, économiste, ancien député socialiste, André Bellon vient de publier un réquisitoire contre le régime (trop) présidentiel de la Ve République. Pour l'auteur, le lien est rompu entre les élus politiques et leurs électeurs, qui n'ont plus de prise réelle sur la marche des choses. Aussi Bellon appelle-t-il à un réforme des institutions par le peuple, dans le cadre d'une Assemblée constituante.



(couverture du livre)
Si ce n’est une dictature, c’est tout comme. Une monarchie élective peut-être… Un régime présidentiel de toute évidence ! André Bellon provoque, car il en est certain : le suffrage universel tel que nous le vivons en France ne permet pas aux citoyens d’exercer de manière éclairée et efficace leur souveraineté.
 
Aussi le polytechnicien de gauche républicaine indique-t-il les raisons, dans son dernier ouvrage, qui justifient, non pas une nouvelle constitution, mais une nouvelle constituante représentative de la volonté de l’ensemble du peuple français. Comme celle d’après la Révolution française, comme celle qui se dessine aujourd’hui en Tunisie.
 
Député socialiste de 1981 à 1993, Bellon critique les dérives du PS depuis lors. Dans l’épilogue de son ouvrage, intitulé « République ou Barbarie », qui n’est pas sans rappeler l’organisation révolutionnaire d’orientation marxiste « Socialisme ou Barbarie », fondée par Cornélius Castoriadis et Claude Lefort, Bellon règle ses comptes avec l’eurosocialisme, en France l’ère Mitterrand. « Rompant avec toutes les traditions de la République, laïcité, services publics, équilibre des pouvoirs… cette gauche a légitimité le discours de ses adversaires contre les principes issus de la philosophie des Lumières », écrit-il.
 
Retiré de la politique et collaborateur régulier du Monde Diplomatique, Bellon préside l’Association pour une Constituante, qu’il a fondée suite au référendum de 2005, par lequel 55 % des électeurs français avaient rejeté le Traité constitutionnel européen (TCE) alors que 96 % des parlementaires l’approuvaient… Pour Bellon, les élus se sont définitivement assis sur la volonté de leurs électeurs lors de la ratification du Traité de Lisbonne – jumeau du TCE – en février 2008.
 
Parce que les partis politiques ne représentent plus la réalité du corps social et que la souveraineté populaire est selon lui bafouée, André Bellon nous explique pourquoi faut-il changer de République.

Marianne 2 : Une Assemblée constituante serait-elle la dernière solution démocratique en rupture avec la gouvernance actuelle ?

André Bellon : Beaucoup de gens ont écrit sur le délitement de la démocratie, je ne prétends pas être le premier. J’ai voulu, dans mon livre, apporter une œuvre originale inspirée de mes douze années de députation et trente années de militantisme. J’ai quitté le milieu politique parce que je considérais qu’il s’engageait dans une voie sans issue.

Aujourd’hui, c’est devenu quasiment une banalité de le dire. Mais pour sortir de la crise, beaucoup cherchent à recréer ce qui a existé : « la vraie gauche », « le vrai gaullisme », ça ne mène à rien, car le jeu politique, tel qu’il est, n’est pas réformable. D’autres, considérant nos représentants théoriques comme illégitimes, proposent des solutions baroques, comme par exemple de procéder au choix de nos dits représentants par tirage au sort…

Contre la gouvernance, ce terme qui me donne des boutons, la seule solution, c’est la souveraineté populaire. Il y a eu des précédents dans l’histoire de France. Doit-on rappeler que c’est la souveraineté populaire qui nous a sorti d’une crise financière en 1789 ?

Il y a cinq ans, vous publiiez dans les colonnes de Marianne votre « Manifeste pour une Assemblée constituante ». Votre idée a-t-elle cheminé dans les consciences politiques et citoyennes ?

On constate que le mot « Constituante » a pris une ampleur tant au niveau national qu’international. Voyez la Tunisie et surtout l’Islande, dont les médias ne parlaient que du volcan, en 2010, quand nous étions les seuls à évoquer son Assemblée constituante.

Notre association a été fondée par une dizaine de membres, elle en compte 200 aujourd’hui. Notre site Internet est passé de 40 à 600 visiteurs uniques par jour. Donc en terme de lisibilité, nous progressons. Nous ferons d’ailleurs une grande réunion le samedi 3 décembre auprès de Paris à Romainville pour rassembler et approfondir. Dans le débat politique officiel, l’idée d’une Assemblée constituante n’est pas admise, mais elle commence à être entendue, ce qui est déjà merveilleux compte tenu des forces prodigieuses qui sont contre nous !

Certains de nos adversaires, comme Jacques Attali, tentent même de récupérer le terme en le dévoyant, par exemple en proposant une Constituante européenne. Ce n’est pas là une réponse, le peuple d’Europe n’ayant pas de réalité politique.

« Le système des partis sans Parlement, en quelque sorte »

Dès le début de son quinquennat, Nicolas Sarkozy a voulu assumer directement la responsabilité des décisions face à l’opinion. On a parlé d’un hyperprésident et d’un Premier ministre en retrait. Le Parlement sert-il encore à quelque chose ?

Non, il ne sert aujourd’hui malheureusement pas à grand chose, c’est évident. Sous la Ve République, le pouvoir du président est, à mon sens, exorbitant. Plusieurs réformes ont accentué cette suprématie de l’exécutif sur la représentation : l’élection du président au suffrage universel direct (1962), le passage au quinquennat (2000) et l’inversion du calendrier des scrutins présidentiel et législateur (2002), la pire des réformes dont Lionel Jospin fut l’instigateur.

C’est le système des partis sans Parlement, en quelque sorte, comme je l’explique dans mon livre. Les partis s’illustrent davantage par des armées disciplinées que par de véritables lieux de débat.

Le lien entre les élus politiques et leurs électeurs s’est rompu. Et pour cause : lors du référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005, par exemple, « le peuple n’était pas capable de voter sur des sujets aussi complexes », nous disait-on. Aujourd’hui, les programmes des principaux candidats (UMP et PS) demandent aux électeurs de choisir sur des sujets aussi divers et difficiles que l’économie, le social, la géopolitique, les questions écologies,… mais là, le peuple est, paraît-il, apte à voter… De qui se moque-t-on ?

Plusieurs politiques prennent position en appelant à changer de République. On pense à Bayrou, Mélenchon et surtout Montebourg…

Je me méfie de ceux qui utilisent la VIe République comme slogan, avec l’idée d’une nouvelle Constitution déjà établie. Ils pourraient ainsi remplacer un dogme par un dogme. La différence avec notre association, c’est qu’on ne milite pas pour une nouvelle Constitution mais pour une Assemblée constituante, soit un processus qui engendre in fine la Constitution, de manière à ce que ce soit véritablement le peuple qui définisse les nouvelles institutions par un processus d’appropriation de la vie publique et de reconstruction de la citoyenneté.

Sarkozy : « La quintessence de la dégradation de la vie publique »

Nicolas Sarkozy, qui est pour une « Ve République réformée », déclarait en 2007 que le problème n’est pas institutionnel mais intellectuel et moral. Ce n’est pas, disait-il, « en revenant aux errements du passé qu'on résoudra les problèmes d'aujourd'hui ». Qu’en dites-vous ?

Je ne suis pas de ceux qui font de Sarkozy l’alpha et l’oméga de l’horreur, mais il représente pour moi la quintessence de la dégradation de la vie publique ; laquelle était déjà bien dégradée, et il s’est inscrit dans cette continuité en l’amplifiant.

Il parle de morale, de quoi s’agit-il au juste ? Il ne me semble pas, à la lumière des affaires de son quinquennat, qu’il soit un symbole de morale publique. Il évoque également l’histoire, alors même que le président de l’UMP, Jean-François Copé, s’insurgeait contre la Révolution et tout particulièrement contre l’un de ses symboles, jusqu’alors assez consensuel : l’abolition des privilèges qui caractérisaient, sous l’Ancien Régime, les pouvoirs exorbitants de la noblesse et du clergé. Monsieur Copé, de façon assez ahurissante, estimait qu’il régnait en France « une ambiance malsaine de Nuit du 4 août » … Voilà un vrai discours archaïque !

Vous écriviez en juillet dernier dans une tribune au Monde que la formule de « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » employée dans l’actuelle Constitution apparaît aujourd’hui comme une agression et un mépris. Vraiment ?

La règle du jeu politique détermine la vie politique. La clé de notre système, c’est en théorie le suffrage universel direct. Mais tout découle de l’élection présidentielle. Et ce n’est pas compliqué : il nous faut choisir entre Dupont et Durand. « Faut-il garder le président sortant ? » C’est ainsi que la question est posée. Le reste est accessoire. Mitterrand s’était fait élire sur un programme en 1981, il a fait tout l’inverse deux ans plus tard. Sarkozy avait dit qu’il ne toucherait pas aux retraites, il l’a fait. Quel est le contrat entre les citoyens et les élus ?

Hollande : « Ses positions sont conformes »

Où est passée l’opposition ? C’est l’une des questions que pose votre livre. Le Parti socialiste emmené par François Hollande est-il à même de réformer les institutions ? Les primaires n’ont-elles pas redynamisé le débat démocratique ?

Je n’ai pas entendu Hollande dire des choses bouleversantes sur cette question. Je ne sais pas si d’ailleurs, un jour, un politique dira des choses fondamentales là-dessus. Qu’importe le candidat : la question des institutions est posée, on attend les réponses.

Quant aux primaires, je trouve ça original, même s’il est un peu inattendu qu’un candidat puisse se faire élire aussi par ses adversaires... Outre leur côté télé-réalité, elles ont reflété une demande démocratique. Maintenant, est-ce qu’elles y répondent ? Je ne sais pas. Ce qui est vrai, en revanche, c’est qu’avec elles, Hollande bénéficie d’une certaine forme de légitimité.

Votre critique des institutions n’est pas que nationale, elle est aussi européenne…

De la CECA de Jean Monnet à l’Union européenne de Jacques Delors, la construction européenne ne s’est jamais préoccupée de l’aspiration démocratique. Elle y était au mieux indifférente, au pire hostile. Ça ne s’est pas arrangé depuis. L’Europe se fiche de la démocratie : elle a été construite sur des bases économiques, donc elle fait de l’économie, pas autre chose.

Des pays membres de l’UE, il y a ceux qui ont l’euro pour monnaie, ceux qui font parti de l’espace Schengen, ceux qui ne le sont pas… Ce n’est pas une construction homogène. Maintenant il faut se poser la question : est-ce que la construction et la direction de l’Europe des 27 est encore pertinente face à la recomposition du monde, aux nouveaux défis géopolitiques ? Peut-être faudrait-il quelques chose de plus ramassé : l’Europe des 6, des 10, je n’en sais rien. Pour le savoir, il faut repasser par la case peuple.

Dans votre Manifeste, on peut y lire : « Le capitalisme domine et déstructure le monde, détruit la démocratie, la citoyenneté et l’humanisme pour laisser libre cours aux luttes des intérêts particuliers. Nous ne devons pas chercher à l’influencer, mais au contraire lui opposer des instruments ». Lesquels ?

Jusqu’à une période assez récente, dans les années 70, on parlait d’économie politique. A l’Université, par exemple, c’était une branche de la faculté de droit, elle était encore liée à une certaine conception de la justice et à la question sociale.

Et puis on a parlé d’économie tout court, comme science maîtresse. C’est devenu une branche autonome, la clé de route de notre pensée qui aujourd’hui domine tout : l’histoire, la politique. L’aspect soi-disant scientifique de l’économie a donné vérité à un corps d’hypothèses qui lui-même est contestable. Le « marché pur », la « concurrence libre et non faussée », ça ne veut rien dire… On assène des vérités au nom d’une scientificité elle-même contestable.

Ceci n'est pas une dictature, André Bellon, Mille et une nuits, 180 pages, 10 €.
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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 04:33
par Christian Bouchet, lundi 24 octobre 2011

La croyance populaire comme quoi « Le diable porte pierre » s’est vérifiée ces dernières semaines avec la parution de deux livres écrits par des militants de gauche affirmés. Si Alain Mergier et Jérôme Jourquet, chercheurs à la Fondation Jean Jaurès ont ouvert le feu avec Le Point de rupture, enquête sur les ressorts du vote FN en milieux populaire, ils ont été rapidement rejoints, et complétés, par un journaliste du Nouvel Observateur, Hervé Algalarrondo, avec son livre La Gauche et la préférence immigrée. À la lecture de ces deux opus, une conclusion s’impose : si le Parti socialiste est de plus en plus le parti des bobos, le Front national est, quant à lui, devenu le seul parti du peuple.

 

Dans son ouvrage, Hervé Algalarrondo dénonce le fait que la gauche ait abandonné la classe ouvrière au profit des immigrés. Une stratégie politique qui symbolise, selon lui, la boboïsation d'une gauche en rupture avec les ouvriers - qu’elle voit comme des réactionnaires séduits par le Front national - au profit des immigrés devenus à ses yeux les nouveaux prolétaires. Et Algalarrondo d’illustrer son propos en montrant comment, au Parti socialiste, à la représentation des ouvriers dans les instances de direction du parti, on préfère celle des « personnes issues de la diversité » et comment SOS Racisme ou Ni putes ni soumises sont devenus les association de référence au détriment et en remplacement des syndicats.

 

De même, le journaliste du Nouvel Obs nous relate comment la figure du « beauf » s’est développée, au sein de la gauche, comme symbole du prolétaire, forcément réactionnaire, raciste et blanc parallèlement à la mise en avant de l’image positive de l’immigré, y compris du sans-papier, vu comme une incarnation parfaite du « citoyen du monde ». Puis, Hervé Algalarrondo explique comment réclamer la régularisation de tous les sans-papiers est en réalité un « mot d'ordre anti-ouvriers » et comment la défense de « l'ouverture des frontières » se fait en mettant en péril l'emploi des classes populaires autochtones, car «si les nouveaux arrivants trouvent un travail, parfois très pénible, (...) c'est au détriment de postulants hexagonaux sans formation particulière ».

 

Hervé Algalarrondo remarque aussi que les plus chauds partisans de l’ouverture des frontières sont ceux qui ont les postes les plus à l’abri de la concurrence des immigrés : « Ceux qui militent dans des associations de défense des droits de l’Homme exercent souvent des métiers – fonctionnaires, médecins, avocats – qui sont loin d’être complètement ouverts. Ils sont protégés de la concurrence étrangère. Les conseillers ne sont pas les payeurs ! ». Et il enfonce le clou en soulignant que l’on oublie trop souvent qu’un des meilleurs supporters de l’ouverture des frontières n’est autre que le Medef ravi d’avoir à sa disposition une main d’œuvre moins chère et non syndiquée. Algalarrondo le souligne, et insiste lourdement, et avec ironie, sur le fait qu’aujourd’hui une partie notable de la gauche partage les même idées et objectifs que le grand patronat, et a tiré un trait sur la lutte des classes à laquelle elle préfère la « diversité » et « l’ouverture aux autres ».

 

Cela a comme conséquence que les classes populaires ont en grande partie désertées le Parti socialiste et plus généralement les partis de gauche et que certains s’inquiètent des conséquences à terme de ce manque à gagner électoral. Ainsi, dans leur essai Le Point de rupture, Alain Mergier et Jérôme Fourquet analysent-ils la montée du vote Front national « en milieux populaires ».

 

Avec leurs termes de sociologues politiques ils constatent ainsi que à la demande politique des classes populaires, qui est un triple souhait de protection (protection des personnes physiques, protection économique des salariés et protection nationale face à la mondialisation), « ne répond qu’une seule offre qui est celle de Marine Le Pen, il ne faut pas s’étonner du succès de cette dernière. Elle se trouve dans une sorte de monopole de fait. »

 

Et, bien qu’ils s’en désolent, Alain Mergier et Jérôme Fourquet illustrent leur livre d’analyses chiffrées récentes (elles datent d’avril dernier) qui ne peuvent laisser indifférentes. Parmi les 30 % de la population française qui regroupent les catégories sociales populaires, c’est-à-dire les employés et les ouvriers, où, dit en d’autre termes, l’ensemble des personnes dont le salaire mensuel maximum est inférieur à 1250 euros nets, Marine Le Pen arrive très largement en tête des intentions de vote recueillant 42 % des votes potentiels des ouvriers et 28 % de ceux des employés.

 

Nos auteurs relèvent que ces catégories sociales sont, à l’encontre de celles qui votent pour l’UMPS, celles qui sont les plus victimes de la délinquance quotidienne, de la concurrence des immigrés, de la désindustrialisation et des délocalisation. Et ils expliquent : « Quand ils sont présents dans l’environnement régional ou de proximité, ces éléments déstabilisants et anxiogènes viennent donner corps aux discours et analyses du Front national. (…) Et quand tous ces ingrédients sont rassemblés, la puissance et la prégnance du vote frontiste peuvent devenir spectaculaire. »

 

Sur des problèmes économiques plus abstraits, Alain Mergier et Jérôme Fourquet font aussi ressortir que les positions du Front national et de Marine Le Pen, si elles s’éloignent diamétralement de celles des décideurs et des classes favorisées, recoupent par contre étroitement celle des couches populaires de notre nation. Ainsi, l’idée d’un retour au franc et d’un abandon de l’euro, qui apparaît comme une hérésie et une ineptie pour les « décideurs », est assez partagée dans les milieux populaires et plus encore parmi les ouvriers qui sont 50 % à souhaiter que l’on sorte de l’euro contre 11 % des cadres supérieurs et des professions libérales. Dans le même ordre d’idée, si la question d’une remise en cause du libre-échange et de l’augmentation des droits de douane, sur les produits en provenance des pays à bas coûts de main d’œuvre est hors de propos pour la grande majorité des décideurs et des favorisés, environ 75 % des français d’extraction populaire y sont favorable.

 

Ces livres, ces sondages, et le ressenti des actions militantes de terrain prouvent une chose : il y a bien une France d’en haut et une France d’en bas et si la première vote UMPS, la seconde elle entend, de plus en plus, voter Marine Le Pen.

 

Christian Bouchet

 

La gauche bobo et le peuple

 

« L’immigration à gogo, c’est un credo de bobos »

 

« En privilégiant les immigrés sur les autres catégories populaires, la gauche bobo suggère que les petits Blancs constituent la lie de la société française. Comment se dire de gauche et cautionner pareil racisme social ? »

 

« La prolophobie a un pendant : la xénophilie. Elle est le signe d’une discrimination, c’est le mot qui convient, dans l’attitude de la gauche à l’égard des classes populaires ».

 

Hervé Algalarrondo, La Gauche et la préférence immigrée, Plon, 2011.

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 18:14

 

 

Etienne Dubuis, journaliste au quotidien suisse "Le Temps" | LEMONDE |

 

Etienne Dubuis, journaliste au quotidien suisse Le Temps, confie dans un entretien au Monde : "C'est seulement avec Obama qu'un président a admis avoir signé l'ordre de tuer" - ici, capture d'écran montrant Oussama ben Laden.

Etienne Dubuis, journaliste au quotidien suisse Le Temps, confie dans un entretien au Monde : "C'est seulement avec Obama qu'un président a admis avoir signé l'ordre de tuer" - ici, capture d'écran montrant Oussama ben Laden.AFP/-

 

Journaliste au quotidien suisse Le Temps, Etienne Dubuis vient de publier L'Assassinat de dirigeants étrangers par les Etats-Unis (éditions Favre, 400 p., 22,50 euros), un livre dans lequel il raconte comment, depuis le révolutionnaire mexicain Pancho Villa en 1916, jusqu'à Oussama Ben Laden en 2011, en passant par Fidel Castro, les Américains ont, avec des succès variables, tenté d'éliminer des personnalités qui menaçaient leur puissance.

Ces opérations, gardées secrètes voici un siècle, sont aujourd'hui revendiquées par les autorités et tolérées par l'opinion. Comment expliquez-vous cette évolution ?


Ce changement résulte du grand déballage qui a eu lieu au milieu des années 1970. Un certain nombre d'assassinats, ou de tentatives auxquelles la CIA et le FBI avaient été mêlés, ont alors été révélés par la presse. L'énorme scandale qui a suivi a débouché, en 1975, à l'initiative du sénateur Frank Church, sur une enquête très approfondie. Les administrations suivantes n'ont plus osé s'exposer à ce genre de révélations. Elles ont décidé de renoncer aux assassinats de dirigeants étrangers en temps de paix.

Mais les assassinats en temps de guerre leur ont toujours paru être une option intéressante. Dès lors, il a fallu que ces assassinats apparaissent comme des opérations militaires. Ils ont donc renoncé à recourir à des tueurs isolés au profit de soldats. La personnalité visée l'était souvent dans le cadre plus large d'un bombardement. Cette technique a été utilisée contre Kadhafi, Saddam Hussein et Milosevic pendant les années 1980 et 1990. Avec le 11 septembre 2001, un autre tournant, fondamental, a été pris : sous couvert de "guerre contre le terrorisme", l'administration américaine a osé revendiquer clairement des assassinats plus ciblés.

 

Pourquoi l'opinion a-t-elle changé ?

Les Américains n'approuvaient pas ces opérations dans les années 1960 et 1970. Ils ont changé lorsqu'elles ont été menées sous couvert de guerre. Malgré cela, l'administration, par crainte d'un retournement de l'opinion, n'a jamais prononcé jusqu'à récemment les mots d'"assassinat" ou de "cible". C'est seulement avec Obama qu'un président a admis avoir signé l'ordre de tuer (Ben Laden).

 

Vous citez de nombreux échecs, soit que l'opération ait échoué, soit qu'un assassinat ait entraîné des conséquences néfastes pour les Etats-Unis. Les assassinats ciblés ne sont-ils pas contre-productifs dans la mesure où ils ruinent les principes de l'Etat de droit dont se réclament les Américains ?

Cela a clairement été le cas dans les années 1960 et 1970, lorsque les Américains ont tenté d'assassiner des dirigeants étrangers en marge de toute légalité. La tentative d'assassinat de Castro à Cuba, les meurtres de Lumumba au Congo, du président dominicain Trujillo, du général vietnamien Diem ou du général chilien Schneider, ont tous eu des conséquences négatives.

 

En un siècle, on est passé du poison et des tueurs à gages aux drones. L'emploi de ces avions sans pilote change-t-elle la donne ?

Les drones facilitent considérablement les exécutions ciblées. Les méthodes utilisées jusqu'à présent étaient aléatoires : il est difficile de tuer une personne en particulier sous un tapis de bombes, et les tueurs à gages ont parfois leur propre agenda. Les drones, eux, ont une efficacité redoutable. Ils permettent un contrôle de bout en bout par les Etats-Unis, qui les utilisent plus qu'aucun autre Etat.

D'un côté, c'est positif car les drones limitent le nombre de victimes collatérales. Mais c'est inquiétant car cela donne un pouvoir de vie ou de mort sur des individus. Or, tout pouvoir absolu porte en lui un risque d'abus.

 
Propos recueillis par Philippe Bernard
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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 21:03
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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 05:26

 

 

Présentation de l'éditeur

Des attentats du 11 septembre 2001 aux révolutions arabes du printemps 2011, en passant par l'expansion planétaire de la Chine, le retour de la puissance russe et les réveils africains et latino-américains, ou bien encore le défi migratoire mondial et la fin d'Oussama Ben Laden, les événements géopolitiques se bousculent et l'on assiste à la naissance d'un nouveau monde multipolaire, riche d'espoirs comme de menaces. A travers des photographies souvent spectaculaires, des cartes explicatives et des textes accessibles à tous, Chronique du choc des civilisations présente un décryptage unique de l'actualité et une analyse des événements replacée dans le temps long de l'histoire. Une véritable grille de lecture du monde actuel éclairant les luttes implacables des relations internationales.

Biographie de l'auteur

Aymeric Chauprade est professeur de géopolitique à l'Ecole de Guerre de 1999 à 2009, professeur invité dans de nombreuses universités étrangères et conseiller géopolitique de plusieurs chefs d'Etat. Aymeric Chauprade a puissamment contribué à la renaissance de la géopolitique en France. Auteur indépendant, il écrit pour ceux qui veulent comprendre le monde en profondeur.
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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 20:46
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