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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 16:51
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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 14:15
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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 00:22
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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 11:28
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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 20:40
Face aux difficultés que connaît l'Occident, les forces politiques, économiques et technologiques seront celles qui façonneront l'avenir, incarnées notamment par la Silicon Valley et la Chine.

 

Atlantico : Le thème de l'affaiblissement de notre civilisation occidentale/judéo-chrétienne est récurrent ces derniers temps. Certains vont plus loin, à l'instar de Michel Onfray qui, dans son dernier livre, Décadence, affirme que celle-ci est sur le point de disparaître. A cela s'ajoutent les calculs réalisés par le professeur de mathématiques de l'université du Connectictut, Peter Turchin qui, d'après les modèles généralement utilisés en cliodynamique (domaine de recherche pluridisciplinaire visant à décrire des dynamiques historiques par le biais de modèles mathématiques - ndlr), prévoient une forte aggravation de l'instabilité sociale et de la violence politique, pouvant conduire à la fin de notre civilisation, dans le courant des années 2020.

 

 

 

Dans quelle mesure notre civilisation est-elle amenée à disparaître ? L'Histoire est-elle vouée à se répéter comme l'affirme Michel Onfray pour qui "Toutes les civilisations ont connu cette loi de l'Histoire. Pourquoi la notre, après 2000 ans d'existence, y échapperait-elle ?" ?

Gilles Lipovetsky : Nous parlons de civilisation judéo-chrétienne : ce sont effectivement nos racines, mais en même temps les sociétés dans lesquelles nous sommes ne sont pas que des sociétés judéo-chrétiennes ; ce sont avant tout des sociétés modernes depuis la Renaissance, avec le protestantisme, et surtout depuis le XVIIIème siècle. La modernisation n’est pas le judéo-christianisme. Il y a un lien évident, mais c’est une invention. La modernisation peut s’appliquer dans d’autres civilisations. Cette modernisation repose sur trois grandes logiques : la technoscience, le marché, et l’univers démocratique individualiste.

Ces phénomènes-là trouvent des racines – et en particulier pour l’individualisme –le judéo-christianisme. Toutefois, il s’agit d’une sécularisation de la religion chrétienne. Depuis longtemps, au niveau des mœurs, on parle de société post-chrétienne : les individus n’ont plus connaissance de la Bible, le catéchisme est en chute libre, les pratiques religieuses s’émancipent, etc. Présenter tout cela comme une grande révélation ne traduit pas la réalité. Nous sommes une civilisation judéo-chrétienne par notre Histoire, mais nous ne sommes pas que ça. Dans notre vie quotidienne, lorsque vous allumez votre smartphone, que vous voyagez, que vous allez travailler, vous n’êtes pas judéo-chrétien mais c’est la modernité qui est à l’œuvre. Les civilisations ne se définissent pas uniquement par leur Histoire. D’ailleurs, nous ne sommes pas une société judéo-chrétienne mais d’origine judéo-chrétienne. Entre temps, il y a eu les Lumières qui nous ont fait basculer dans la modernité. Par rapport à la religion, le grand processus qui nous caractérise, c’est la sécularisation. Sur ce plan-là, dire que notre civilisation va mourir, c’est omettre la réalité car d’une certaine manière, elle l’est déjà ; d’ailleurs quand on lit Nietzche, on retrouve cette idée-là avec la mort de Dieu. En France par exemple, une grande catégorie de personnes ne se définit plus par le religieux. Par ailleurs, lorsqu’on parle de civilisation judéo-chrétienne, on omet totalement la Grèce : on lui doit l’invention de la démocratie, de la philosophie, de la tragédie, de l’art représentatif, etc. ; tout ceci n’est pas judéo-chrétien. Plutôt que mourir, il est préférable de dire que notre société se transforme, aujourd’hui par la virtualisation, l’intelligence artificielle, etc. toutes ces choses qui font partie de la technoscience.

 

Dans son dernier essai, Michel Onfray propose notamment deux hypothèses de civilisation pouvant remplacer la notre : l'islam - dans une interview accordée au Point, il affirme que "Dans une civilisation atomisée et nihiliste comme la nôtre, dans laquelle la communauté n'existe plus, pas plus que le désir de contribuer à la communauté, soudain le croyant musulman a des frères et des valeurs communes. Comment pareille adhésion qui sécurise n'aurait-elle pas de succès dans un monde d'angoisse généralisée ?"- et la Silicon Valley - dans cette même interview, il précise que "le transhumanisme est la branche sur laquelle risque de cristalliser la civilisation d'après les civilisations". Au regard de leur état actuel et de leurs caractéristiques propres, l'islam et la Silicon Valley sont-ils effectivement en mesure de remplacer la civilisation judéo-chrétienne ?

Le constat de l’atomisation, de la fragmentation individualiste, est indéniable. Face à cet éclatement du social, cette individualisation suscite du malaise, de l’anxiété inévitablement. Reste à savoir si les anciens modèles comme le religieux seront à même de répondre à cette question. Malraux disait d’ailleurs que le XXIème siècle serait religieux ou ne le serait. Je ne suis pas de cet avis car c’est sous-estimer la puissance de l’individualisme social. Je pense que cela est exact pour les catégories de personnes particulièrement vulnérables et qui ne supportent pas cette perte de repères ; et il y en a ! Cette faiblesse de l’individualisme génère ainsi chez certains un besoin de collectif, de croyance, de vérité. Toutefois, il n’y a aucune raison de dire que l’islam va se substituer à toutes les autres formes de technologies dans cette optique de retrouver une sorte de sérénité dans la vie.

 

Le malaise individualiste n’est pas abyssal chez tous : les individus continuent à sortir, aimer, se divertir. Même si cela peut susciter de l’anxiété, cela ne veut pas dire que l’anxiété est telle qu’on est prêt à lire le Coran. Il ne faut pas caricaturer les choses. Parce qu’on ne parle que d’islam, on n’a l’impression qu’il n’y a plus que cela. Tout d’abord, la radicalisation islamiste touche trop de gens hélas, mais qui restent une petite minorité. La majorité des individus cherche le bonheur, et non pas à se perdre dans un référentiel collectif. Cette conversion forte touche surtout les jeunes d’ailleurs. J’observe aussi qu’une majorité de musulmans recherchent le bonheur, le plaisir, la consommation, etc. On a l’impression que, tout à coup, l’individualisme et le consumérisme sont totalement des échecs ; or ce n’est pas le cas : il faut plutôt parler d’échec partiel. L’avenir réside dans le fait que les individus recherchent des solutions individualistes pour régler des problèmes individualistes : c’est cela l’avenir, et non pas le retour du religieux. C’est un peu désagréable comme sensation : à force de parler que de religieux, on a ainsi l’impression que soit c’est la solution à tout, soit le malheur de tout. La réalité sociale, encore une fois, est beaucoup plus bigarrée. Les dynamiques qui se poursuivent sont celles de l’individualisation et du consumérisme, et ce partout. Un exemple : regardez le succès de tout ce qui concerne le développement personnel. On dénombre aujourd’hui plus de 400 psychothérapies dans le monde ; sans compter les anxiolytiques et autres antidépresseurs dont les Français sont de grands consommateurs. Le monde moderne offre une panoplie de solutions très larges, même si ce ne sont pas forcément les bonnes. Ce qui me gêne avec le raisonnement évoqué plus haut, c’est qu’il est absolutiste, comme si nous avions d’un côté l’individualisme, considéré comme mauvais, et de l’autre la religion qui constitue un holisme, la communauté, la vérité, ce qui attire les individus. Or ceci va à l’encontre de toutes les observations sociologiques faites depuis quarante ans. La dynamique profonde et irréversible à l’œuvre est celle d’une hyperindividualisation, par rapport à la famille, au religieux, et ce à l’échelle planétaire, y compris dans les pays musulmans. Les gens ont tendance à avoir aujourd’hui un rapport individualisé à la religion : ils conservent ceci du dogme, rejettent cela, affirment leur désaccord avec le pape, se disent croyant mais ne vont pas à la messe, etc.

Dans le consumérisme, les individus ne se définissent pas uniquement à la Silicon Valley. Toutefois cette dernière, par les technologies qu’elle met en œuvre, rajoute un cran supplémentaire dans la dynamique d’individualisation. Le smartphone par exemple sert au voyage, à travers les applications de réservation de billets et d’hôtels, à la drague à travers les applications de rencontres, etc. La Silicon Valley produit des moyens pour permettre aux individus de trouver ce qu’ils cherchent : le bonheur, le plaisir, ces idéaux individualistes que les gens cherchent depuis le XVIIIème siècle. Les outils ne sont donc pas une fin en soi

Pour en revenir à l’islam, il ne faut pas omettre les difficultés internes qu’il rencontre. Pour commencer, ce n’est pas un bloc homogène. L’idée de choc des civilisations ne résiste pas au fait que le grand ennemi de l’islam, ce n’est pas l’Occident, mais l’autre islam à travers l’affrontement fratricide entre chiites et sunnites. Par ailleurs, la dynamique individualiste ne s’arrête pas aux portes de l’islam. Ceci n’est vrai que pour ceux qui tiennent les rênes du pouvoir : d’ailleurs, tous les pays musulmans sont pris dans l’engrenage de la dictature, qu’elle soit militaire ou fondamentaliste-salafiste. Les musulmans sont aussi concernés par la baisse de la natalité, le goût du luxe, l’envie de voyages, la consommation de films et de séries, etc.

 

 

 

 

Ce qui va structurer le monde dans un futur lointain, ce sont les technosciences, le marché, et les logiques individualistes que j’évoquais au début de cet entretien. Ce sont ces forces qui travaillent les civilisations. Ainsi, on ne peut pas dire que la civilisation judéo-chrétienne va s’effondrer au profit de la civilisation islamique ; c’est plutôt la civilisation moderne qui, de manière parallèle, travaille toutes les civilisations. Ceci ne signifie pas toutefois que nous nous acheminons vers une seule et même civilisation homogène ; bien sûr que des différences perdureront. D’ailleurs, comme le disait Tocqueville, on ne se débarrasse jamais de notre Histoire totalement ; mais nous ne la répétons pas. Bien que nous soyons les enfants de Jésus, nous ne vivons tout de même pas comme au Ier siècle après J-C.

Dans le schéma extrêmement simplifié qui est évoqué, on laisse de côté tout l’Extrême-Orient, comme si ce bloc n’existait pas, et que demeuraient seulement la Silicon Valley et l’islam ! Croyez-vous vraiment que les Chinois, par exemple, vont être submergés par l’islam ? La culture chinoise continue, et dans le même temps, on voit la puissance que ce pays constitue à travers l’économie et les technosciences. En revanche, on ne peut pas du tout parler de démocratie dans le cas chinois. Par contre, les Chinois sont totalement accros au consumérisme ; les logiques individualistes sont parfaitement à l’œuvre dans les pays d’Extrême-Orient. 

 

A la différence des précédentes civilisations disparues, il semblerait que nous ayons, nous, conscience de ce risque de disparition, grâce notamment à la cliodynamique. Cela peut-il nous aider à changer les tendances actuellement à l'oeuvre afin d'éviter cette disparition ? 

Il n’y a pas d’affaiblissement de la civilisation judéo-chrétienne, mais de l’Europe, en raison de sa faiblesse politique. C’est cela qu’il faut corriger. Nous n’arrivons pas à faire de cette puissance économique une puissance politique. Ce qu’on observe à l’heure actuelle, c’est que le monde est devenu multipolaire, marqué par l’émergence de nouvelles puissances comme la Chine, tandis que les puissances traditionnelles comme l’Europe ou la Russie reculent. Cette émergence de plusieurs pôles de puissance n’a rien à avoir avec le judéo-christianisme. Encore une fois, différents facteurs peuvent participer à l’affaiblissement : le système scolaire, la régulation politique, etc.

Pour en revenir au cas chinois, la puissance de l’Empire du milieu est tout à fait incontestable. C’était d’ailleurs tout le sens de la politique d’Obama, recentrée sur l’Asie car il a vu monter la nouvelle grande puissance chinoise, mais également indienne. Ces puissances sont plus largement définies par des logiques politiques d’ailleurs que culturelles. Est-ce vraiment la religion qui fait la différence entre la Chine et l’Europe ? Massivement, ce qui nous distingue, c’est que le régime politique majoritaire en Europe, qui est celui des démocraties libérales, alors que le Parti communiste domine encore en Chine. Les différences de mœurs jouent leur rôle bien-sûr, mais l’élément fondamental qui différencie, c’est la politique.

Il ne faut pas perdre de vue les longues durées de l’Histoire. La démocratie est née aux alentours du XVIIIème siècle ; mais les démocraties pacifiées, nous ne les connaissons que depuis la Seconde Guerre mondiale. Il a fallu deux siècles pour que nous parvenions à un socle de valeurs commun, avec des réactions violentes contre ces valeurs associées à la modernité. C’est également ce que l’on observe dans le monde musulman. La modernisation ne se fait pas tranquillement malheureusement.

Pour l’heure, je ne parlerai pas de décadence : nous sommes des sociétés de l’intelligence, les élites se reproduisent, la démocratie, sur le fond, n’est pas malmenée, tandis que les grandes valeurs humanistes et éthiques demeurent, quelles que soient les réalisations que l’on peut déplorer. La notion de décadence est pour moi sensationnaliste, et n’est pas propice à faire un diagnostic raisonné de la situation actuelle ; la décadence est un mouvement simple, monolithique ; or ceci n’est pas du tout la configuration actuelle. Peut-on considérer franchement les avancées en matière de droit des femmes, qui votent et travaillent désormais, comme une décadence ? D’ailleurs, les femmes elles-mêmes se sont appropriées ces logiques individualistes. Ce paradigme décadentiel est un marronnier, que l’on nous répète depuis le XIXème siècle. Effectivement, l’Europe a perdu sa surpuissance par rapport au XIXème siècle, au moment où elle avait colonisé toute la planète. Mais est-ce vraiment une décadence ? La décolonisation doit être vue comme un progrès, de même que les valeurs démocratiques que nous revendiquons depuis. 

 

Atlantico.fr

Gilles Lipovetsky est philosophe et sociologue. Il enseigne à l'université de Grenoble. Il a notamment publié L'ère du vide (1983), L'empire de l'éphémère (1987), Le crépuscule du devoir (1992), La troisième femme (1997) et Le bonheur paradoxal. Essai sur la société d'hyperconsommation (2006) aux éditions Gallimard. Son dernier ouvrage, De la légèreté, est paru aux éditions Grasset.

 

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 19:21
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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 15:13
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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 15:06
A Hayange, le maire FN publie un livre anti-islam qui fait polémique

Le maire (FN) de Hayange (Moselle) a été officiellement élu par le conseil municipal de la ville ce dimanche. Une élection qui s'est déroulée sous extrême tension.

Thionville /

Politique

La Rédaction

L’autobiographie de Fabien Engelmann, maire (FN) d’Hayange (Moselle) va faire polémique. Le maire nouvellement élu qui a fait basculer cette terre de gauche entre les mains de l’extrême droite livre un véritable réquisitoire anti-islam.

Dans son livre, le maire FN de Hayange en Moselle affirme être proche des idées du Parti de la Liberté néerlandais de Geert Wilders, allié au FN pour les prochaines élections européennes. Ce parti n'hésite pas à comparer «l'idéologie islamique au nazisme». Une comparaison louée par Fabien Engelmann qui ne manquera pas de faire polémique. Alors que Marine Le Pen avait promis ne pas vouloir appliquer les idées du FN dans ses villes et gérer «en bon père de famille», un tel réquisitoire anti-islam ne manquera pas de rappeler le positionnement du maire FN d’Hayange.

L’autobiographie qui raconte le parcours de Fabien Engelmann, passé du NPA – parti d’extrême gauche à la CGT puis au Front National fait l’apologie d’une idéologique anti-islam. La religion musulmane est appelée "l'idéologie mahométane", qualifiée de "sectaire" et "en totale contradiction avec notre Constitution". Le livre Du gauchisme au patriotisme fait savoir aux lecteurs que le maire FN d’Hayange est effrayé par la religion musulmane et l’islam.

Une idéologie religieuse "moyenâgeuse"

L’islam est "un dogme mahométan très offensif, dangereux pour la démocratie, pour les droits des femmes et pour nos libertés individuelles" affirme Fabien Engelmann, 34 ans, dans son livre publié chez «Riposte Laïque», une maison d’édition d’extrême droite qui se prononce contre «l’islamisation» de la Franc. Il affirme que l’immigration en provenance du Maghreb impose «une idéologie religieuse moyenâgeuse». Une immigration qu’il qualifie de «profiteuse» qui vise uniquement «le profit des aides sociales».

Sur le dossier du mariage homosexuel, il se prononce contre tout comme l’adoption d’enfants autorisés pour les couples de même sexe. Alors que le maire FN de l’ancienne ville sidérurgique de Moselle est homosexuel – à en croire une association locale «Couleur Gaies» qui l’a annoncé publiquement – il affirme détester l’homophobie mais reste sur la ligne de son parti qui est contre mariage et adoption.

Toujours dans son livre, il assure être contre la peine de mort pourtant défendue par Marine Le Pen à titre personnel.

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 09:53

Avec Geert Wilders, Marine Le Pen espère sortir de son isolement européen

Hier, Marine Le Pen était l’invitée d’honneur de Geert Wilders aux Pays-Bas. Le chef du mouvement national-populiste PVV a accueilli la présidente frontiste les bras ouverts. Certes, ce n’était pas une première puisque Wilders avait déjà rendu visite à Marine Le Pen en avril dernier à Paris. Mais les deux personnalités politiques ont cette fois-ci officiellement scellé leur alliance en vue des élections européennes de juin prochain.

Jusqu’à cette année, Wilders ne voulait pas entendre parler du FN. Transfuge du Parti libéral, connu pour ses positions très favorables à Israël, la personnalité de Jean-Marie Le Pen ne l’encourageait pas dans cette voie. Pour Marine Le Pen, les choses n’étaient donc pas gagnées d’avance, tant s’en fallait. Après avoir donné des gages à son partenaire batave, elle peut aujourd’hui se féliciter du succès de sa stratégie de dédiabolisation, élargie à l’échelle européenne. Il faut dire que le Front national revient de loin. Jusqu’à présent, dans l’hémicycle européen, Bruno Gollnisch présidait l’Alliance européenne des mouvements nationaux, un aréopage de parlementaires hongrois, britannique ou belges au lourd passif xénophobe, pour ne pas dire plus (Jobbik, British National Party, Vlams Belang). Marine Le Pen ayant jugé cette coalition trop radicale et politiquement peu crédible, elle a acculé son ancien rival et les autres eurodéputés frontistes à la démission. Tous se sont exécutés dare-dare, jusqu’à Jean-Marie Le Pen qui a récemment admis avoir quitté l’AEMN « pour obéir » à sa fille.

Le ménage fait, Marine Le Pen s’est donc attelé à la formation d’une alliance FN-PVV comme socle de départ d’une future coalition europhobe au Parlement européen. On n’en connaît encore pas les contours exacts, mais une chose est sûre : l’UKIP britannique du tonitruant Nigel Farage n’en sera pas. Actuellement à la tête du groupe Europe Libertés Démocratie à Strasbourg, Farage a préféré s’allier à Nicolas Dupont-Aignan1, ce qui fait une pierre souverainiste dans le jardin de la présidente du FN. Tandis que les sondages annoncent sinon une majorité anti-européenne aux élections de juin, du moins une forte minorité de blocage, la question des alliances entre opposants à l’UE est plus que jamais cruciale. Aussi, les tandems Farage-NDA et Wilders-Le Pen se disputent-ils le renfort de l’AfD allemande, parti anti-euro qui prône le retour au Mark et a frôlé l’entrée au Bundestag en septembre dernier. Selon nos informations, le cœur de l’AfD pencherait plutôt du côté de Dupont-Aignan et Farage.

En attendant de se trouver d’autres partenaires, Marine Le Pen peut se targuer d’une certaine proximité idéologique avec Geert Wilders. Tous deux défendent en effet le retour à la monnaie nationale et le recours au protectionnisme pour se protéger de la concurrence des pays émergents, non sans vivement critiquer l’immigration et l’islam. Même sur la question épineuse du mariage gay, Marine Le Pen a fait preuve d’une grande prudence, refusant de manifester tout au long de cette année, ce qui rassure le très libéral-libertaire Wilders. Certes, on peut asticoter les nouveaux mariés sur leurs divergences sociales et économiques, mais ils auront jeu de répondre que la défense de la souveraineté nationale consiste justement à pouvoir mener la politique de son choix dans son pays, indépendamment des directives bruxelloises. On aurait d’ailleurs bien du mal à trouver un équivalent français au populiste batave : sous nos cieux, Wilders serait un hybride entre
Philippe de Villiers (national-libéral, anti-européiste, islamophobe) et Daniel Cohn-Bendit (sur un strict plan sociétal). Il se rapproche de l’idéal-type de l’« hédoniste sécuritaire », expression par laquelle Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin qualifient les libéraux-libertaires qui réclament davantage de sécurité et de frontières afin de continuer à jouir sans entraves.

Mais le soutien du parlementaire batave aux mariages entre personnes de même sexe a ses limites : Au sein de leur futur groupe, la cohabitation entre Wilders et Le Pen père risque d’être explosive ! Si le premier a toujours refusé de dialoguer avec le second, c’est qu’il goûtait peu ses jeux de mots douteux sur la Seconde guerre mondiale et les Juifs, mais aussi ses amitiés arabes et islamistes (Irak de Saddam Hussein, République islamique d’Iran…) peu compatibles avec son tropisme atlantiste et pro-israélien. Or Geert Wilders n’ignore certainement pas que le président d’honneur du FN conduira la bataille dans le Sud-Est de la France. À moins que Jean-Marie Le Pen ne soit intéressé que par l’odeur de la poudre et qu’il ait déjà secrètement assuré à sa fille qu’il n’irait pas siéger à Strasbourg…

Et si c’était cela que Marine Le Pen avait confié à Geert Wilders avant qu’ils ne convolent en justes noces électorales ?

http://www.causeur.fr/

FN : Partenaire particulière cherche partenaires particuliers
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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 09:47

Marine Le Pen tisse sa toile. La présidente du Front national cherche des alliés chez nos voisins en vue des élections européennes de mai 2014. Objectif: constituer un groupe au Parlement européen. Parmi ses cibles: le député néerlandais Geert Wilders, leader du Parti pour la liberté (PVV), à qui elle a rendu visite cette semaine. Un parti d'extrême-droite connu non seulement pour son médiatique chef de file, à la chevelure blonde peroxydée, mais aussi pour ses positions anti-islam.

Lorsqu'il créé le PVV en 2006, Geert Wilders - formé dans les années 90 à l'école du libéral Frits Bolkestein - reprend le flambeau du populiste Pim Fortuyn. Ce dernier, assassiné en 2002 par un militant d'extrême-gauche, était apparu dans le paysage politique néerlandais au début des années 2000 et jugeait les musulmans incapables de s'intégrer. Une ligne que Wilders va maintenir, couplé à un discours très anti-européen.

Les succès électoraux seront quasi immédiats. Après avoir participé à la victoire du non au référendum sur le traité européen en 2005, le PVV obtient 5,8% des voix (neuf sièges de député sur 150) aux élections législatives de novembre 2006. Bénéficiant d'une audience toujours plus accrue dans l'opinion, Geert Wilders passe à la vitesse supérieure dans sa critique de l'islam. En 2008, il est l'auteur du film Fitna, un brûlot dans lequel il comparait le Coran à Mein Kampf d'Adolf Hitler. Une démarche qui lui vaut des poursuites dans son pays pour incitation à la haine raciale et discrimination envers les musulmans. Aidé financièrement dans cette affaire par le Middle East Forum, une association américaine pro-israélienne basée à Philadelphie, il sera finalement relaxé en 2011.

«Un parti sympathique»

Parallèlement, la percée électorale du Parti pour la liberté se confirme. Il obtient 16,7% des voix aux élections européennes de juin 2009 et s'impose comme la deuxième force politique du pays. Pour sa première participation à ce scrutin, il remporte quatre des 25 sièges néerlandais au Parlement de Strasbourg, un de moins seulement que les démocrates-chrétiens (CDA) du premier ministre, Jan Peter Balkenende. Moins d'un an plus tard, le PVV confirme sa montée en puissance aux municipales de mars 2010, en arrivant en tête à Almere et deuxième à la Haye, les deux seules villes où il se présentait.

Après une éclatante progression aux législatives de 2010 et une participation à la majorité parlementaire, le parti de Geert Wilders connaît un cuisant revers lors des législatives anticipées de septembre 2012, provoquées par son départ de la coalition au pouvoir dans un contexte de crise économique. Le PVV tombe de 24 à 15 sièges de députés. Il a toutefois effectué depuis un rebond et est en tête des sondages d'opinion en grande partie grâce à ses positions anti-européennes.

Le leader populiste, notoirement pro-israélien, a par ailleurs longtemps pris ses distances avec le Front national, choqué par les dérapages de son ancien président, Jean-Marie Le Pen. Interrogé à ce sujet lors de sa rencontre avec Marine Le Pen mercredi à La Haye, Geert Wilders a assuré «se réjouir de collaborer» avec le FN, devenu «sous la direction» de la fille Le Pen «un parti sympathique». Et celui-ci de conclure: «Mme Le Pen est la fille de son père, pas de ses idées».

http://www.lefigaro.fr/

La présidente du FN a rencontré cette semaine le leader populiste Geert Wilders, chef de file d'un parti d'extrême-droite néerlandais.

La présidente du FN a rencontré cette semaine le leader populiste Geert Wilders, chef de file d'un parti d'extrême-droite néerlandais.

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