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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 00:11

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discipline-idf - dans LIVRES
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discipline-idf 07/04/2010 21:54


Les intellectuels comme Michel Clouscard manquent cruellement... Quelle prestance!
Une dialectique et une clarté qui font penser à Soral. On le sait, ce n'est pas un hasard.

"Le plan Marshall fonctionna, en grande partie, comme une carte de crédit collective dans le but que l'Europe de l'Ouest devienne cliente de l'industrie américaine et soit ainsi liée aux
Etats-Unis. [...] D'un point de vue économique, le plan Marshall permit à l'industrie américaine de tourner à plein régime. Il réussit à rendre la partie occidentale de l'Allemagne et de l'Europe
dépendante des Etats-Unis, et à integrer cette partie du monde dans le nouveau système économique mondial. Pour l'Europe, le plan Marshall marquait le début du processus d'"américanisation" ou,
comme on le dit dans le tiers-monde, de "coca-colonisation"."

Jacques R. Pauwels - Le mythe de la bonne guerre.





Et pour répondre à la tête de veau bronzée Ségela concernant Coca-cola et les bienfaits de la douce et protectrice "main invisible", voila où peut mener un certain pragmatisme economique...:

"En Allemagne, l'homme de main de Bob Woodruff, le patron spartiate de la Coca-Cola Company , s'appelle Max Keith , rentré comme comptable dans la filiale d'Essen en 1933. Il en prendra les rennes
en 1936, pour bons services rendus pendant les J.O. de Berlin. Ses méthodes de management, rapporte minutieusement Mark Pendergrast, ressemblaient à celles du Führer (qui adorait, comme il
s'entend, la boisson). Keith aimait à porter une petite moustache bienveillante.
Keith obtient d'emblée la confiance totale de Woodruff. Toujours en 36, Goring prend en charge un plan d'auto-suffisance et tend à décourager l'activité de sociétés étrangères. Woodruff intervient
et négocie directement avec les nazis pour obtenir que le "concentré" de Coke (l'ingrédient numéro 1) puisse être importé. Coca-Cola GmbH est alors considérée comme une société allemande.

1937, Düsseldorf. Première foire industrielle nazie ("Shaffendes Volk", ou Le peuple créateur). Coke en est une des pièces maîtresses. Son stand se dresse à côté de celui du Bureau de la
Propagande.

Mars 1938. Le Reich envahit l'Autriche. Au même moment, Coke tient sa convention. Trois énormes swatika, la croix nazie, s'affichent derrière la tribune. Le traditionnel Sieg-Heil est scandé trois
fois.

Septembre 1939. La guerre éclate. Keith et son adjoint, Walter Oppenhoff, s'immiscent dans les cercles du IIIeème Reich, grâce à des amis au ministère de la Justice : ils réussissent à être nommés
à "l'Office de la propriété ennemie".

Keith et ses hommes suivent le Reich dans ses conquêtes : ouverture d'une filiale en Autriche en 1938, et en 1940 prise de contrôle des activités de Coca en France, en Italie, et au Bénélux.

Fin 1941, le vent tourne. Le sirop secret de Coca-Cola n'est plus autorisé à l'export par les américains. Mais Keith invente une nouvelle marque : Fanta -- 3 millions de caisses distribuées en 2
ans. Fanta sera exempté de rationnement sur le sucre. Et permettra à la filiale de Coca-Cola de poursuivre son activité. Comme l'a fait aussi la firme Ford, Coca-Allemagne va participer à l'effort
de guerre nazi (usines et camions réquisitionnés, les bouteilles vont aussi servir de précieux récipients pour enfermer de l'eau gazeuse ou des médicaments).

Jusqu'à la fin de 1942, les stocks de Coca-Cola en Allemagne seront réservés aux militaires du Reich et aux hôpitaux pour "soulager" les blessés.

Les 43 sites d'embouteillages vont être bombardés jusqu'en 1944. Mais Keith continue de produire son Fanta dans des usines de fortune, en employant des criminels allemands, exclus de l'amée du
Reich, mais aussi des prisonniers de guerre en travail obligatoire.

1945. Hitler se suicide. La guerre est finie. Keith envoie un câble à Woodruff : "Coca-Cola GmbH est encore en activité", exulte-t-il. "Envoyez des consultants." Il sera entendu. Même s'il est mis
à l'écart par les représentants de Coke qui veillent à relancer le business en Allemagne, en 1949 Keith réussit à convaincre le grand Boss, Bob Woodruff, de reprendre en main la filiale allemande.
Fanta est toujours une marque déposée du groupe Coca-Cola.

Détail: l'ancien boxeur Max Schmeling , présenté sans doute à ses dépens comme le symbole de la suprématie aryenne depuis les J.O. de Berlin, devient en 1957 le patron d'une usine d'embouteillage
de Coca-Cola à Hambourg. La passion pour la petite bouteille brune mène à tout."

Auteur :
Mark Pendergrast


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